kamehamehouse

kamehamehouse

Ici on parle mangas, jeux vidéo et figurines


Mon avis - Smother me

Publié par legeekmoderne sur 26 Avril 2026, 08:30am

Catégories : #Avis manga

Plus le temps passe, plus j’ai énormément de plaisir à découvrir de nouveaux univers dans des styles tout aussi variés et auxquels je ne m’attendais pas à adhérer ! Et quand la série est courte et quand elle sort d’un seul coup, c’est pour moi une véritable joie ! J’apprécie de plus en plus ce genre d’œuvres qui balancent tout ce qu’elles ont sans se faire désirer !  

Avec la sortie de Smother Me aux éditions Glénat, publié dans son intégralité en seulement deux tomes, nous tenons un thriller dramatique qui nous confronte à la part la plus sombre et crasseuse de l’humanité (ben oui sinon c’est pas drôle). Une lecture impactante, qui n’est pas parfaite mais, qui nous donne immédiatement le ton.

 

Mon avis - Smother me

Mais avant d’attaquer l’œuvre, commençons par découvrir qui se cache derrière ce diptyque sorti en ce milieu du mois d’avril 2026 aux éditions Glénat, Hiroshi Shimomoto est un jeune mangaka à l'avenir qui semble déjà bien prometteur. Il a fait ses premières armes dans le milieu du manga en 2021 avec la publication d'une histoire courte intitulée Acidic Speckles dans les pages du magazine Ultra Jump.

C'est quelques années plus tard, au cours de l'année 2024, qu'il lance véritablement sa toute première série avec Smother Me. Ce thriller dramatique a bénéficié d'une belle exposition puisqu'il a été prépublié sur le Shônen Jump+ (des éditions Shûeisha), la célèbre plateforme numérique japonaise. Malgré son statut de débutant, Shimomoto y a rapidement prouvé sa grande maturité d'écriture. D'ailleurs, il n'a pas chômé après la conclusion de cette histoire, il continue aujourd'hui sa collaboration avec le Jump+ en dessinant Gacha Sokii, un manga centré sur l'univers des furyô (les voyous japonais) qu'il a entamé à la fin de l'année 2023.

Mon avis - Smother me

Detroit, c'est là-bas que survit Akio enfin “vit” c’est un bien grand mot ! Le jour où il a été vendu par sa propre mère à un homme énigmatique surnommé Moreh, ce jour-là, il a perdu bien plus que son enfance, il a dû abandonner son nom et son humanité pour survivre. Aujourd’hui âgé de treize ans, il se fait appeler "Serpent", en référence aux fils qu'il utilise pour étouffer ses victimes. Il opère comme tueur à gages dans cette ville rongée par le crime. 

Hanté par les cauchemars de ses atrocités, son horizon semble bouché jusqu'à sa rencontre fortuite avec Lynne. Cette jeune femme aveugle, exploitée dans un restaurant, est la première adulte à faire preuve d'une bienveillance désintéressée à son égard. Déterminé à financer l'opération qui pourrait lui rendre la vue, Akio s'enfonce dans les abysses pour tenter de donner sens à sa vie.

Mon avis - Smother me

Je suis de base très sensible aux “beaux” dessins et ce que nous propose l’auteur est assez loin des standards que je lis en règle générale, mais l'auteur propose une mise en scène tellement nerveuse, utilisant des effets de crayonnés ultra nerveux, ce qui donne une urgence et une brutalité palpables aux combats, que j’ai été happé dans ce récit et cette noirceur. Cette dynamique s'accompagne de contrastes maîtrisés, où les jeux d'ombre et de lumière retranscrivent parfaitement l'obscurité mentale et malsaine de la ville. Il ne serait pas étonnant que Shimomoto puise une partie de son inspiration dans l'esthétique des comics américains.

Mon avis - Smother me

Et au-delà de l'action, Smother Me brille par son opposition constante entre l'innocence bafouée des enfants et la cruauté de ces adultes. Ce thème prend toute son ampleur dans le second tome, qui s'ouvre sur le passé de Moreh et de son antagoniste, "Singe", je n’en dirai pas plus de peur de vous spoiler l’intrigue du second tome ! Leur seul point commun reste l'exploitation d'enfants comme Akio pour accomplir leurs basses besognes. Au milieu de cette guerre, le lien qui se tisse entre le jeune garçon et Lynne vient briser la fatalité. La dynamique bascule alors, ce jeune tueur commence à se battre pour vivre et faire ses propres choix, prouvant qu'un simple geste de gentillesse peut enrayer le cycle infernal de la haine.

Mon avis - Smother meMon avis - Smother me

Si la lecture défile à toute vitesse et que l'on est happé par ce parcours tragique, la conclusion montre malheureusement les limites scénaristiques d'une série en deux volumes. Une fois la dernière page tournée, on reste un peu sur sa faim en raison de plusieurs manques, mais n’oublions pas qu’il s’agit ici d’une première œuvre à laquelle je pardonne ces erreurs de jeunesse !

Smother Me laisse donc une impression douce-amère. Le récit utilise parfois trop de raccourcis pour convaincre à 100 % et, de l'autre, il dégage une ambiance poisseuse tellement assumée que l’on ressent une véritable charge émotionnelle jusqu’à la dernière page, et prouve que Hiroshi Shimomoto est un artiste bourré d'idées qui sait mettre en scène ses mangas. Si tu apprécies les œuvres intenses et ultra sombres, cette série est une belle leçon d'humanité dissimulée sous des litres d'hémoglobine, imparfaite certes, mais qui donne furieusement envie de suivre la future carrière de son auteur.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents