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Mon avis - Zashisu

Publié par legeekmoderne sur 18 Avril 2026, 12:10pm

Catégories : #Avis manga

Je pense que pour les plus anciens lecteurs de mangas, le nom de Masanori Moriti n’est plus à présenter. Après s'être imposé comme le roi incontesté du furyô (manga de bagarre entre voyous) dans les années 80 et 90, Masanori Morita a pris tout le monde à revers en 2022. Fini les bastons de loubards à la Rokudenashi Blues ou la comédie de Beshari-Gurashi, l'auteur change de style et s'aventure pour la première fois sur le terrain du thriller horrifique avec Zashisu, une œuvre courte, bouclée en trois volumes par choix, je tiens à le préciser.

Mon avis - Zashisu

Masanori Morita est un ancien assistant de Tetsuo Hara (Hokuto no Ken) et a explosé en devenant l'un des piliers de l'âge d'or du Weekly Shônen Jump. Ses œuvres fondatrices, Rokudenashi Blues et Rookies, ont codifié le genre furyô avec des délinquants au grand cœur et des affrontements dantesques. Avec Zashisu, il prouve qu'il refuse de se reposer sur ses lauriers. Afin de toucher un public plus mature et adapté à ce changement de ton, ce thriller a entamé sa prépublication en décembre 2022 dans les pages du magazine seinen Grand Jump, édité par Shûeisha.

Mon avis - Zashisu

Même si Morita est un dieu vivant au Japon et que son simple nom suffit à faire vendre ses titres, chez nous, le parcours éditorial a souvent été semé d'embûches. Si les éditions J'ai Lu avaient popularisé Racailles Blues avant de stopper leur activité manga, Tonkam avait ensuite pris le relais avec Rookies et Beshari-Gurashi. Il aura fallu attendre l'initiative des éditions Pika pour revoir le maître dans nos contrées, avec une réédition fidèle de Rokudenashi Blues, puis en 2026 par la publication très attendue de ce nouveau thriller.

Mon avis - Zashisu

L'histoire nous plonge dans le quotidien de Kai Yamauchi, un professeur de collège dont la hiérarchie prône le « pas de vagues », quitte à étouffer de graves affaires de harcèlement scolaire par souci de réputation. Le quotidien de Kai dérape lorsque l'un de ses anciens camarades est retrouvé mort. En parallèle, sa petite amie Tamao, jeune éditrice, tombe sur un manuscrit rejeté intitulé Zashisu. Ce texte décrit non seulement avec une exactitude glaçante le meurtre de l'ancien camarade de Kai, mais annonce également d'autres assassinats liés à des persécutions passées. Fort de ses influences, dont Stephen King, Morita joue habilement avec les mécaniques du genre pour prendre le lecteur à contre-pied et livrer un récit à suspense au rythme implacable.

Mon avis - Zashisu

Visuellement, le trait de Morita a considérablement mûri depuis l'esthétique très marquée "années 80/90" de ses débuts. Mais contrairement à certains mangaka vieillissants, je trouve que son dessin s'est encore affiné et modernisé, perdant un peu de sa rugosité d'époque pour gagner en finesse, ce qui colle parfaitement à l'atmosphère froide et pesante d'une enquête criminelle. Pour autant, le mangaka n'a rien sacrifié de sa véritable signature visuelle, on retrouve avec bonheur cette expressivité faciale hors normes, parfois poussée à l'extrême, qui insuffle tant d'intensité émotionnelle à ses planches. Découvrir cette patte graphique si familière appliquée à une ambiance horrifique crée un contraste fascinant et apporte une immense fraîcheur à la lecture.

Mon avis - Zashisu

C’est pour moi un pari réussi, un véritable tour de force avec cette première incursion dans le genre policier. Sans jamais renier l'ADN visuel qui a fait sa renommée, il s'approprie les codes du thriller pour tisser une intrigue haletante tout en dénonçant le fléau du harcèlement scolaire. Zashisu s'impose d'emblée comme un page-turner redoutable et une lecture indispensable de ce mois d’avril. Que vous soyez un fan absolu du mangaka ou un simple amateur d'enquêtes bien ficelées, ce premier tome pose des bases solides qui donnent irrémédiablement envie de se jeter sur la suite.

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