Je le dis depuis toujours, la force du manga vient de sa diversité scénaristique ! Quelles que soient nos passions ou nos goûts, le manga vous comblera et arrivera toujours à vous surprendre. C'est un terrain de jeu fabuleux où les auteurs peuvent tout se permettre, du blockbuster grand public aux pépites de niche. Et aujourd’hui je vais vous parler d’un titre qui touche à un sujet que j’adore, le tokusatsu !
Fraîchement sorti chez Meian, le pitch de ce manga m'a tapé dans l'œil, voyons maintenant si Gekikô Kamen répondra à mes attentes.
Le mangaka n’est autre que Takayuki Yamaguchi, bien connu pour ses œuvres somptueuses comme Shigurui ou encore les 7 Ninjas d’Efu, sorti également chez Meian. Mais ici point de ninja et de samouraï en quête de rédemption, le mangaka change totalement de registre pour nous emmener dans un univers qu’au final peu de personnes connaissent, mais que toute une génération d’enfants des années 80/90 a au moins croisé 1x dans sa vie, le tokusatsu.
Bon, ce terme, ça ne vous dira sûrement rien, mais si je vous dis Bioman, Kamen Rider ou encore Power Rangers, vous devriez tilter assez rapidement. Le terme tokusatsu regroupe ces séries nées à la fin des années 50 au Japon, aux effets spéciaux grandeur nature et aux héros costumés. Le style porte un nom, le Sentai ou encore Super Sentai. Même si ce genre vous semble lointain et/ou un peu "kitsch", restez avec moi, car ce manga vous fera plonger dans cet univers passionnant.
L’histoire se déroule dans notre monde ou nous allons suivre Otoya Jissôji, un garçon de 29 ans, qui enchaîne les petits boulots et mène une vie franchement triste, se définissant lui-même comme une coquille vide. Sa vie va basculer lors des funérailles d'un ancien camarade d'université, membre lui aussi du club de tokusatsu du lycée.
Confrontés à la dernière volonté plutôt originale du défunt, Jissôji et ses anciens camarades vont voir leur passé refaire surface, cette époque du club "Toku Arts", où lui et sa bande rêvaient de créer le costume ultime, et pour redonner du sens à sa vie, Jissôji va devoir à nouveau se plonger dans ce rêve de jeunesse et peut-être enfin devenir ce héros qu'il a tant imaginé, Gekikô Kamen.
Si vous connaissez un peu le mangaka, on aurait pu s’attendre à un titre bourré d’action, j'ai eu tout faux, et au final c'est bien mieux comme ça, je m’explique.
Ce premier volume est une véritable claque de réalisme. On est loin de la simple bagarre de monstres qu’on a déjà lue mille fois. On est face à un manga tranche de vie au scénario poignant, racontant l’histoire d’un groupe d'amis séparé par la vie et qui va devoir se reconnecter à leur ancienne passion commune, chose qui ne sera pas évidente, au vu des différents chemins qu’ils ont empruntés.
L'auteur réussit un tour de force, il nous fait découvrir l'essence du Tokusatsu sans nous noyer sous les informations. Il nous montre comment ces héros faits de polyuréthane et de latex, souvent moqués, cachent en réalité des thématiques bien plus profondes qui derrière les monstres en caoutchouc cachent souvent les angoisses d'une société comme la guerre, le nucléaire ou encore les crises sociales. Bref, le tokusatsu est tristement d’actualité !
Mais là où le manga m'a vraiment séduit, c’est qu’en plus de nous proposer un trait absolument magnifique, réaliste et à la limite de l’organique, le mangaka nous fait passer un florilège d’émotions, allant de la tristesse à la mélancolie et à l’excitation du passage à l’enfance, à la vie d’adulte avec tout ce que ça engendre comme conséquences, notamment sur les rêves que nous avions tous et qui ont été oubliés ou abandonnés lors de ce passage. Mais, quoi de mieux que de retrouver ses anciens camarades pour réveiller cette enfance profondément enfouie ?
Le protagoniste, véritable coquille vide au début, ne s'illumine que lorsqu'il parle de fiction et qu’il se prépare à enfiler son costume. C'est une formidable lettre d'amour à l'imaginaire, présenté ici comme un refuge vital et un moyen d'exorciser ou de fuir le monde réel.
Gekikô Kamen est une œuvre qui s’attarde sur les profondeurs de l’âme humaine, le scénario est simple, mais vous surprendra régulièrement. C'est une introspection qui nous posera une seule question qui nous fera surement mal, qu’avons-nous fait de nos rêves d’enfants ? Est-il possible de devenir un adulte accompli tout en conservant cette âme infiniment plus curieuse, libre et joyeuse? Personnellement j’en suis convaincu, mais à quel prix ? Est-ce bien vu dans une société où le paraître et la réussite sont les seuls standards ?
J'ai refermé ce tome 1 avec une seule envie, lire la suite tout en me demandant comment cette histoire va-t-elle continuer ? Restera-t-elle terre à terre ou nous embarque-t-elle dans une fiction qui n’a qu’une limite, notre regard d’enfant ?
Une chose est sûre, je serai au rendez-vous pour le prochain tome, et je vous conseille vivement de foncer vous procurer ce titre. Le titre compte à ce jour huit volumes au Japon et est toujours en cours de parution dans le magazine Big Comic Superior.
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