Et voici donc la première nouveauté de 2026, Mana Books nous propose une immersion dans l’univers de Yuchang Sasaki avec Fake Rebellion, une série courte bouclée en deux tomes. Le mangaka est un habitué des récits d'action nerveux, c’est sa cinquième série qui suit le schéma de récit coup de poing finie en deux volumes, mais c'est la première fois qu'on le découvre en France, et mon sentiment après la lecture de ce premier volume est un peu mitigé.
Parlons d’abord du scénario, j'ai été séduit par le cadre, une dystopie sombre où l'humanité, réduite au rang de bétail, survit sous le joug implacable des Machines. Bon, c’est du déjà vu et c’est ce qui finira par nous arriver sio on continue à ne plus penser par nous-mêmes, mais ça c’est une autre histoire! L'histoire s’ouvre sur la vie de la seule survivante de sa lignée après la guerre contre les machines, la princesse Hanamiya, mais la réalité du terrain est bien plus compliquée. Et c’est là que Kicca, un jeune homme mystérieux qui déambule dans les bidonvilles avec son étrange compagnon, Coeurl, entre en scène.
Le point de départ m'a semblé percutant : Kicca croise une adolescente qui se fait passer pour la princesse héritière afin de se servir de jeunes enfants crédules. Conscient du mensonge mais y voyant une partenaire idéale, il la force à devenir sa partenaire pour fomenter une révolution. Mais Kicca cache un pouvoir incroyable, le concept de l'arme de Kicca, le "Death Genesis Drive" est un bras mécanique qui permet de transformer les regrets des morts en un pouvoir destructeur. J'ai adoré cette idée et c’est elle qui offre ce petit plus à la série dont le thème a déjà été utilisé 1000x.
Cependant, malgré quelques bonnes idées, la lecture devient vite assez lourde. Le premier choc vient de la brutalité gratuite, ok ce n’est pas le monde des bisounours et il est impitoyable, mais l'accumulation de cadavres d'enfants et de mutilations, sans véritable mise en garde de l'éditeur, rend l'œuvre difficile à mettre entre toutes les mains.
Mais mon vrai problème avec Fake Rebellion, c'est son exécution. L'écriture manque cruellement de finesse. Il y a zéro surprise lors de “révélations” (difficile d'être surpris par l'identité de Kicca quand son chien l'appelle "prince" dès la page 3…), et le dessin m’a laissé un drôle de sentiment entre finesse et très belles scènes, et un “vite vite faut boucler le chapitre”, il est trop inégal pour qu’on arrive à se plonger dans le récit.
Plus grave encore, le récit est pollué par un humour mal dosé (et je suis bon public de base) et un fan-service vraiment déplacé, amenant des scènes de nudité totalement gratuite sur un personnage féminin censé être très jeune! C'est un mélange assez indigeste qui casse totalement la tension dramatique et qui a failli me perdre plusieurs fois !
Enfin, je dois avouer que j'ai eu énormément de mal à m'attacher au protagoniste. Kicca est ce qu'on appelle communément un "sale petit con", arrogant, méprisant envers ses alliés, et à la limite du harcèlement sexuel envers sa partenaire. Difficile d'éprouver de l'empathie pour lui, même si sa volonté de renverser la tyrannie est louable (pour moi il veut surtout retrouver son statut de prince et tout ce qui va avec).
Au final, je sors de ce premier tome avec un bilan mitigé. Car le scénario a le potentiel et apporte quelques bonnes idées, mais elles sont noyées sous une écriture immature, lourde et un manque de cohérence. Heureusement que Magna Books a eu la bonne idée de sortir les deux volumes en même temps, je m’en vais le lire de ce pas afin de confirmer ou non mon ressenti sur ce premier volume ! Une chose est certaine, c’est que si la série était toujours en cours au Japon avec 5 volumes ou plus, je n’aurais surement pas continué au vu de la lourdeur du titre !
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