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Mon Avis - Goze hotaru

Publié par legeekmoderne sur 22 Février 2026, 10:55am

Catégories : #Avis manga

Il y a des titres qui n’auraient pas dû atterrir dans ma PAL, mais je ne sais pas par quelle magie il s’y est retrouvé, car après avoir lu le pitch, je l’avais redéposé en rayon ! Je soupçonne grandement une manœuvre commerciale de l’ombre de la part de mon libraire ! Heureusement il s’agit d’une œuvre aussi courte qu'atypique, qui vient enrichir le catalogue des éditions Crunchyroll (ou Kaze ?). Avec ce titre, Kou Tosaya signe la toute première série de sa carrière.

Mon Avis - Goze hotaru

Prépubliée au Japon tout au long de l'année 2024 dans le célèbre magazine numérique Shônen Jump+ de la Shûeisha, cette tranche de vie historique s'achève en seulement trois tomes. Pour marquer le lancement de cette nouveauté en France, l'éditeur propose d'ailleurs une sympathique petite attention, chaque volume sera accompagné d’un goodies exclusif, à commencer par un très beau marque-page offert avec ce premier tome. C'est une excellente mise en bouche pour une aventure qui s'annonce à la fois touchante et passionnante.

Mon Avis - Goze hotaru

L'histoire s'ouvre sur une rencontre intrigante : Hotaru, toute jeune et venant de perdre sa mère, croise une mystérieuse femme défigurée qui promet de la sauver un jour. Trois ans plus tard, alors que son père a mystérieusement disparu (quand t’as la poisse…), l'orpheline mène une existence effacée chez son grand-père et son cousin Masa. Mais le destin s'acharne et elle perd soudainement la vue. Persuadée de n'être plus qu'un fardeau pour ses proches, Hotaru se replie sur elle-même et perd tout goût à la vie.

Tout bascule lorsque son grand-père l'emmène voir jouer des goze, des musiciennes et chanteuses itinérantes elles aussi aveugles. En les écoutant vivre dignement de leur art, Hotaru a un véritable électrochoc : la cécité n'est pas une fatalité. Fascinée par la beauté de leurs mélodies, elle réalise qu'elle peut encore trouver sa place et apporter du réconfort aux autres. Elle se lance alors à corps perdu dans l'apprentissage du chant et du shamisen. Bientôt acceptée dans la troupe de dame Yuki, elle prend la route avec un nouvel espoir en tête, retrouver son père disparu.

Mon Avis - Goze hotaru

Les récits s’inspirant des Gozes ne sont pas monnaie courante et le seul que je vois, c’est Neko Goze aux éditions Shiba, qui n’a pas marqué les esprits et qui partait plus vers un côté action qui ne collait pas au sujet principal. Goze Hotaru prend le temps de traiter son sujet avec réalisme. Le titre met en lumière une profession méconnue, qui a réellement existé dans le Japon d'autrefois et qui est toujours pratiquée par une poignée de personnes. 

L'auteur aborde cette thématique de façon très instructive, en détaillant comment ces artistes compensaient leur handicap par une ouïe absolue, une maîtrise vocale impressionnante et une dextérité hors pair au shamisen. Le récit n'élude pas non plus les règles strictes qui régissaient la vie de ces troupes, l'obligation de s'entraider, la nécessité de se tenir éloignées des hommes, ou encore l'importance de choisir ses chansons en fonction de la sensibilité de l'auditoire.

Mon Avis - Goze hotaruMon Avis - Goze hotaru

Au cœur de cette reconstitution historique, l'évolution psychologique de Hotaru est un régal à suivre. Observée avec une grande bienveillance, la fillette craintive laisse peu à peu place à une jeune fille émancipée. Ce début de voyage nous montre l'envers du décor de cet apprentissage exigeant, apprendre à s'occuper de soi en toute autonomie, oser demander le gîte à des inconnus, et travailler sa voix jusqu'à l'épuisement sans jamais se décourager.

Cette intensité émotionnelle est magnifiée par le superbe travail visuel de Kou Tosaya. Le mangaka impose une patte graphique séduisante, avec des découpages d'une grande finesse. Mais ce qui frappe le plus, c'est l'expressivité qu'il réussit à insuffler à son héroïne. Il est fascinant d'observer tout ce que le regard de Hotaru parvient à communiquer au lecteur, alors même qu'elle est privée de la vue. Une ambiance douce enveloppe le récit, accompagnant avec délicatesse la résilience de la jeune fille.

Mon Avis - Goze hotaru

Malgré toutes ces qualités indéniables et l’aspect ultra feel good que dégage l’œuvre, la lecture soulève tout de même quelques légères inquiétudes. Sachant que la série s'est conclue en seulement trois tomes, j’espère qu’il s’agissait d’un choix de l’auteur et pas d'une fin précipitée suite à l’annulation du titre. Un petit avertissement avant de refermer le manga, préparez-vous à une sacrée claque dans les dernières pages ! Le récit opère une rupture de ton (vraiment) inattendue qui tranche avec cette ambiance apaisante, mais qui donne furieusement envie de se jeter sur la suite. C’est un choix audacieux qui réussit parfaitement son pari, il a réussi à piquer ma curiosité et m’a donné irrésistiblement envie de me plonger dans la suite.

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