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Mon Avis - La voie de l'assassin

Publié par legeekmoderne sur 14 Février 2026, 09:08am

Catégories : #Avis manga

Le duo légendaire derrière le cultissime Lone Wolf & Cub, Kazuo Koike (au scénario) et Goseki Kojima (au dessin), fait son grand retour chez Panini Manga avec la première publication française inédite de “La Voie de l’Assassin” (Hanzô no Mon).

Parue initialement au Japon entre 1978 et 1984 dans le magazine Shûkan Gendai de Kôdansha, cette œuvre patrimoniale est née à une période où Koike et Kojima n'avaient plus rien à prouver, leur réputation ayant été solidement établie par l'immense succès de Lone Wolf & Cub (1970-1976) et d'autres collaborations fructueuses. Ce manga s’inscrit donc dans la continuité de leur production prolifique et de leur profonde entente artistique.

Mon Avis - La voie de l'assassin

Ce premier tome d’une série de 10 volumes est basé sur l’édition japonaise "wideban", bénéficie d’une fabrication soignée. Doté d'un grand format perfect (15x21cm), d'une jaquette fidèle à l'originale avec des éléments en vernis sélectif pour atténuer la sobriété du fond gris, d'une première page en couleurs et d'une qualité d'impression très convaincante sur un papier opaque et souple, l'ouvrage offre une prise en main agréable. Si le prix de 19,99€ a pu faire débat, il s'aligne sur la moyenne des mangas de patrimoine de ce calibre, d'autant plus pour un pavé de plus de 460 pages, clairement positionné comme un manga de niche.

Mon Avis - La voie de l'assassin

Côté scénario, Kazuo Koike ancre, comme dans bon nombre de ses œuvres, son récit dans une période essentielle de l'Histoire du Japon, celle qui mènera à l'unification sous l'e règne de Tokugawa Ieyasu, troisième "unificateur" après Oda Nobunaga et Toyotomi Hideyoshi. Cette œuvre invite le lecteur à suivre le parcours d'Ieyasu avec une rigueur historique prononcée, tout en y entrecroisant celui d'une figure essentielle mais souvent dans l'ombre, Hanzô Hattori.

Le manga ne fait pas l'affront de présenter en détail la figure légendaire de Hanzô Hattori, sans doute l'un des ninjas les plus célèbres de l'Histoire, dont l'impact dépasse largement le Japon pour inspirer de nombreuses fictions. 

L'intérêt réside plutôt dans la découverte de son cheminement aux côtés d'Ieyasu, un aspect moins documenté que celui de son maître. Dès ce premier tome, on explore un Ieyasu encore jeune, appelé Matsudaira Jirô Saburô Motonobu, loin du seigneur de guerre qu'il deviendra, et qui évolue comme un pion entre les mains de l'ambitieux Imagawa Yoshimoto. Les auteurs prennent le temps d'installer Hanzô, envoyé par son clan pour devenir le "suppa" (ninja espion) du futur Ieyasu. Le jeune ninja doit d'abord gagner la confiance d'un maître méfiant et lunatique. Au fil du temps, cette relation se tisse, Hanzô devenant un protecteur, un assassin si nécessaire, et même un formateur, enseignant à Ieyasu les mystères de la séduction et de l'art équestre.

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Au niveau du dessin, Goseki Kojima déploie une fois de plus ici tout son génie graphique. Son style, réaliste et d'une densité remarquable, retranscrit la rudesse et la beauté du Japon féodal à la perfection. Les visages expressifs, les drapés des kimonos, les architectures traditionnelles et les paysages sont réalisés avec un souci du détail qui transporte le lecteur dans cette époque aussi violente que passionnante.

Mais c'est dans les séquences d'action que Kojima brille particulièrement. Bien que parfois brèves, elles sont d'une intensité et d'une clarté graphique remarquables. Ses scènes muettes, où le dessin se suffit à lui-même pour exprimer la violence des combats et la tension des stratégies, sont des moments d'anthologie, témoignant de sa maîtrise narrative purement visuelle. Son œuvre est un exemple frappant de la puissance expressive du noir et blanc, où chaque trait, chaque hachure, contribue à créer une atmosphère unique.

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S'il faudra bien remettre dans leur contexte aussi bien l'époque de conception du manga que l'époque où se déroule l'histoire, certains événements peuvent clairement être ultra sexistes et compliqués à laisser passer, surtout à notre époque où tout est édulcoré afin de ne vexer personne (je pense surtout à une longue scène de viol par le personnage principal lui-même, malaisante à souhait), mais pour le reste on se laisse facilement immerger par ce début de série. 

L'évolution commune des deux protagonistes, la naissance de leur confiance, les premiers événements importants, leurs discussions formatrices et les brèves séquences plus mouvementées vous captiveront. En résulte un premier pavé très immersif, promettant une redécouverte alléchante d'un pan essentiel de l'Histoire du Japon sous l'angle d'une aussi légendaire figure de l'ombre. Cette œuvre s’adresse avant tout à tous les amoureux de cette époque et perdra sans aucun doute ceux qui préfèrent l’action pure et dure d’un Chiruran par exemple !

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