Comment oublier toutes ces heures passées à dévorer les chapitres de Beelzebub ! Ce titre fait sans doute partie des mangas que j’ai le plus kiffés et, quand je réalise que sa parution remonte déjà à la période 2009-2015 dans le Shônen Jump, je me dis que le temps file à une vitesse vertigineuse. C’est donc avec un plaisir immense que j’accueille le grand retour de Ryuhei Tamura avec sa toute nouvelle œuvre, Cosmos, qui vient de débarquer chez Ki-oon.
Retrouver la "patte" de cet auteur fait immédiatement du bien aux rétines, d'autant plus qu'il semble avoir trouvé ici le second souffle que l'on espérait tant. Après des succès plus mitigés pour ses séries précédentes comme Hungry Marie (2018 chez Kaze) ou Badass Cop & Dolphin (2019 à 2022 chez Kaze), Tamura a opéré un virage stratégique en rejoignant le magazine Monthly Sunday Gene-X chez Shogakukan. Ce changement d'éditeur marque une étape cruciale, Cosmos est son premier Seinen, une catégorie qui lui permet de pousser ses concepts beaucoup plus loin que par le passé.
Ce nouveau titre arrive d'ailleurs en France avec une réputation déjà solide et un palmarès impressionnant au Japon. Sacré Grand Prix au Prix Shôgakukan 2026 aux côtés de pointures comme DanDaDan, le manga s'est aussi illustré avec une 2ᵉ place aux Next Manga Awards 2025 et une 8ᵉ place au célèbre Manga Taishô.
Plus flatteur encore, des légendes du milieu comme Tite Kubo (Bleach), Hiromu Arakawa (Fullmetal Alchemist) ou encore Rumiko Takahashi (Ranma ½, etc.) ont publiquement recommandé l'œuvre. Graphiquement, on sent que Tamura est au sommet de son art. Son trait, toujours aussi dynamique et expressif, excelle dans l'art de passer d'un charisme pur à un humour absurde en une seule case. Ses designs d'aliens sont particulièrement créatifs, et sa mise en scène, capable de rendre épique une simple "partie de baseball" sur les toits d'immeubles, prouve qu'il dessine avant tout pour se faire plaisir et nous amuser.
L'histoire nous plonge dans le quotidien de Kaede, un lycéen qui possède le don (ou plutôt la malédiction) de sentir l'odeur des mensonges. Cette capacité l'a toujours isolé des autres, dégoûté par le nombre de mensonges autour de lui. Tout change le jour de sa rencontre avec Rin, une enquêtrice de COSMOS, une compagnie d'assurance intergalactique. Rin lui révèle une vérité incroyable, des milliers d'extraterrestres vivent secrètement parmi nous. Pour elle, le flair de Kaede est une aubaine absolue pour débusquer les fraudes et les litiges aliens. Derrière ce pitch barré qui rappelle inévitablement Men in Black, le récit déploie une profondeur thématique surprenante. Tamura utilise le prisme de l'assurance et du mensonge pour explorer les failles humaines, nous poussant à réfléchir sur l'honnêteté et la difficulté de s'intégrer dans une société qui juge sur les apparences.
Au fil de ce premier volume, on découvre une organisation complexe divisée en plusieurs services (enquête, médical, ou encore réparation), ce qui laisse entrevoir un univers beaucoup plus riche encore. Pour Kaede, ce job est aussi une thérapie, pour la première fois, il reçoit des remerciements sincères, dénués de toute odeur de tromperie, ce qui lui permet de s'ouvrir à nouveau au monde.
C’est un véritable coup de cœur qui nous rappelle que derrière les gags et l'action exubérante, Ryuhei Tamura reste un narrateur puissant, capable de nous toucher en plein cœur. On ressort de cette lecture avec une envie pressante de découvrir la suite de ce duo improbable et les secrets de cette organisation galactique. Si vous cherchez une aventure qui sait aussi bien faire rire que réfléchir, n'hésitez plus, ce premier tome est une réussite totale.
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