Afin de célébrer la fin au Japon de la série Super Sentai, j'ai décidé de vous écrire un petit dossier, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à le rédiger et j'ai appris des choses que je ne savais absolument pas ! Près a plonger dans l'unibers du Sentai ? GO GO GO
Si vous me connaissez un peu, que ce soit par ce site ou mon ancien (legeekmoderne-lgm.net) ou tout simplement IRL, vous savez que ma vie est rythmée depuis toujours par l’animation japonaise et la culture nipponne, et ce depuis que je suis en âge de tenir une télécommande.
Né en 1980, je fais partie de cette génération bénie des dieux qui a grandi avec le Club Dorothée. Mon ADN est fait de Senzus, de Kaméhaméha et de robots géants. Bon, mon amour pour Dragon Ball n'est plus un secret pour personne, mais ma passion ne s'arrête pas aux vastes frontières des mangas.
Je suis ce qu'on appelle un otaku "pur souche". Celui qui a vibré devant les premiers épisodes de Bioman le mercredi après-midi, et qui, même une fois ado (et même adulte, je l'avoue !), ne ratait pas un épisode des Power Rangers pour voir comment nos amis ricains adaptaient nos héros nippons.
Dimanche 8 février 2026, un monument de ma culture personnelle et de la culture japonaise tout court s'est éteint. La série Super Sentai a diffusé son ultime épisode, le 2457ᵉ, après 50 ans de bons et loyaux services. Pour marquer le coup, j'ai eu envie de revenir sur cette saga légendaire qui a inventé les codes du combat en équipe et des robots géants.
Attachez vos ceintures, on part pour un voyage nostalgique entre Tokyo et la France, des années 80 à aujourd'hui.
C’est une véritable page de l’histoire de la télévision nipponne qui s’est tournée ce dimanche 8 février 2026. Après plus d’un demi-siècle de combats épiques, d’explosions colorées et de robots géants, la franchise Super Sentai a tiré sa révérence avec le final de Gozuyuger. Retour sur un phénomène qui a bercé plusieurs générations. Mais avant d’attaquer le sujet, voyons d’abord ce qu’est le tokusatsu !
On ne peut pas parler de Super Sentai sans évoquer le tokusatsu, je vous en avais déjà parlé lors de mon avis sur le manga Gekiko Kamen (ici). Ce terme, qui signifie littéralement "filmage spécial", désigne ces productions japonaises misant sur des effets spéciaux live plutôt que sur le tout-numérique. Sa signature, un mélange unique de cascades réalisées par des acteurs en costume, des maquettes de villes relativement sommaires et surtout un max d’explosions pyrotechniques bien réelles sur le plateau.
Loin d'être un simple divertissement enfantin, le tokusatsu est un artisanat de haute précision où chaque mouvement de caméra et chaque étincelle visent à donner une échelle héroïque à des combats qui se déroulent, en réalité, dans des hangars de studio. C'est cet aspect "homemade" qui confère au genre une âme que les effets numériques modernes peinent parfois à reproduire.
Un demi-siècle de couleurs et d’héroïsme
Née en 1975 de l’imagination ultra fertile de Shotaro Ishinomori (1938-1998) c’est avec Himitsu Sentai Gorenger que la recette du sentai (escadron) est devenue un pilier du genre tokusatsu. Le concept ? Une équipe de cinq héros, chacun associé à une couleur, protégeant la Terre et luttant contre les envahisseurs grâce à une technologie, les transformant en héros multicolores.
Vous aurez remarqué que j’ai bien dit qu’il y avait eu 49 séries sur 50 ans d'existence (1975-2025). Voici pourquoi il y a parfois une confusion sur ce chiffre.
Si les calculs semblent parfois flous, c’est parce que l’histoire du Super Sentai n'a pas été un long fleuve tranquille. Officiellement, la série qui vient de s'achever, Gozyuger, est la 49ème saison, alors même que la franchise fête ses 50 ans. Ce léger décalage s'explique assez facilement.
Tout d'abord, le succès phénoménal de la toute première série, Gorenger, fut tel qu'elle resta à l'antenne pendant deux années complètes, de 1975 à 1977. Ensuite, la franchise a connu une "année blanche" en 1978. Après l'arrêt de la deuxième série (JAKQ), la Toei s'est associée à Marvel (je trouve cette association totalement dingue) pour produire une version japonaise de Spider-Man en live action.
C’est d'ailleurs l’introduction d’un robot géant dans cette série Spider-Man qui a sauvé le genre et devant l'enthousiasme des fans, la Toei a décidé de relancer le Sentai en 1979 avec Battle Fever J, en y intégrant désormais systématiquement un Mecha.
C’est ainsi que nous arrivons aujourd'hui à ce chiffre symbolique d’un demi-siècle de présence télévisuelle pour 49 escadrons de légende.
L’électrochoc "Bioman" en France
Pour nous, l'histoire d'amour avec le Sentai commence véritablement dans les années 80 avec le Club Dorothée. La franchise existait déjà depuis près de 10 ans au Japon, mais c’est en 1984 que la France a pris le train en marche avec l’arrivée de Choudenshi Bioman. Bien qu’elle soit officiellement la 8ᵉ saison de la lignée Super Sentai, elle fut pour nous une véritable révélation. Porté par l'effervescence du Club Dorothée, on est tombé sous le charme de ce mélange inédit de technologie futuriste, de drames et de chorégraphies millimétrées, le tout boosté par des explosions encore jamais vues dans nos contrées.
C'est cette stratégie de "marque" qui a fait croire à toute une génération de petites têtes blondes que l'histoire de Bioman durait des années, alors qu'ils découvraient sans le savoir les différentes facettes d'une anthologie japonaise bien plus vaste.
Le raz-de-marée Power Rangers
En 1993, le producteur Haim Saban réalise un coup de génie, il rachète les images de combat japonaises de Zyuranger et les remonte avec des acteurs américains. Les Power Rangers étaient nés. En 31 saisons et près de 1000 épisodes, ce "melting pot" occidental a permis à la licence de conquérir le monde entier, créant un pont permanent entre l'esthétique nippone et les standards de production hollywoodiens.
Tout comme le Super Sentai son petit frère américain est en pleine mutation également ! Après 31 saisons de bons et loyaux services, la franchise Power Rangers entame elle aussi sa plus grande mutation depuis sa création en 1993.
Hasbro, l'actuel propriétaire de la licence, a pris une décision radicale, rompre le contrat historique qui liait la série aux images japonaises. Désormais, les futurs Power Rangers ne seront plus des adaptations, mais des créations 100 % originales, produites indépendamment des séries de la Toei.
En fermant les mythiques studios de Nouvelle-Zélande pour préparer un reboot plus mature et cinématographique, la licence tourne définitivement le dos à l'ère du "copier-coller" nippon. Pour nous, les fans, c'est la fin d'un pont culturel unique qui aura duré plus de trente ans, mais sans le Super Sentai, la culture pop des années 90 n'aurait clairement pas eu la même aura.
2026 : La fin d’une ère
L'arrêt de la série régulière avec la fin de No 1 Sentai Gozyuger marque un tournant historique. Si la franchise s'arrête sous sa forme actuelle pour laisser place au "Projet R.E.D.", son héritage est éternel.
LeProjet R.E.D (Records of Extraordinary Dimensions) représente le futur audacieux de la Toei après l'ère du Super Sentai. Conçu comme un véritable univers partagé à la manière du MCU, ce projet ambitieux marque le grand retour des Metal Heroes (la lignée de X-Or) avec une esthétique plus sombre, moderne et cinématographique.
En s'appuyant sur des technologies de pointe comme les plateaux de production virtuelle (écrans LED géants), la Toei souhaite s'émanciper du format classique de l'escadron pour proposer des récits plus matures et globaux. L'objectif est clair, conquérir les plateformes de streaming internationales en proposant une mythologie héroïque cohérente qui puisse plaire autant aux nouvelles générations qu'aux nostalgiques de la première heure. Nous verrons bien ce que donnera cette nouvelle étape dans le cercle des héros live nippon !
Bien que le Super Sentai n'était pas qu'une émission pour enfants, c'était un laboratoire de créativité, avec des cascades réelles et de véritables valeurs de camaraderie comme on peut en retrouver que dans les shōnen.
Le rouge, le bleu, le jaune, le vert et le rose s'éteignent peut-être sur TV Asahi, mais ils brillent à jamais dans le cœur de millions de fans.
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